Trois ans.
Déjà.
Si peu et pourtant beaucoup.
Les débuts me semblent lointains.
Un long chemin tortueux parfois.
Trois ans, des galères, de la persévérance, du travail pas mal de travail, de l'improvisation, des doutes, des remises en question, des angoisses nombreuses, des coups de blues, des colères, du
bonheur.
Trois années durant lesquelles j'ai énormément appris, j'ai progressé, j'ai mûri.
Bon j'ai aussi vieilli mais ça, ça reste entre nous.
Trois ans que ce nom, longuement cherché, parfois deviné, puis envolé, s'est soudainement imposé à moi alors que j'allais chercher ma plus jeune fille à l'école, que je passais devant une ancienne
boutique fermée depuis bien longtemps qui me faisait rêver avec sa devanture en bois et son enseigne peinte à la main.
LoloMosquito, comme s'il était désormais tatoué
(ben non il est à moué*).
D'ailleurs parfois on m'appelle comme ça.
Le livreur qui me téléphone "Madame Mosquito ...?" (depuis c'est resté)
Ma fille n°2 ou bien mister quand le travail m'absorde et me cloître dans mon atelier.
(la grande dans ce cas-là est bien contente : elle a la paix)
Je ne savais absolument pas qu'elle histoire allait suivre, d'ailleurs comment le savoir ?
Grand saut vers l'inconnu.
L'anniversaire de LoloMOsquito aurait dû avoir lieu bien avant, mais voilà quelques petits soucis de dos sont venus bloquer la machine (est-ce un hasard d'ailleurs ?).
Bref j'y suis tout de même parvenue, un 13 mai.
Je viens de vérifier non ce n'était pas un vendredi, mais un samedi, dommage car je me souviens être passée sous une échellle, avoir cassé un miroir, et croisé un chat noir le soir.
En fait cette date je l'ai choisie en me disant que j'allais la retenir plus facilement.
(Oui souvenez-vous de
ma mémoire passoire )
Je faisais partie d'une de ces nombreuses nanas qui se mettent à faire des bijoux, je me rapellerai toujours l'expression d'un certain monsieur travaillant à la Chambre des Métiers, il aurait
presque pû me décourager (heureusement (ou malheuresement pour certains)) je suis têtue, très têtue !
Bref à lui je lui dis pas merci.
Et comme nous sommes en plein festival de Cannes, que j'ai mis pour l'occasion ma plus belle robe de soirée et mes talons hauts, vous n'échapperez pas au discours de circonstance.
Je remercie donc la réalisatrice, la productrice, la chef opératrice c'est à dire moi, moi et moi-même, de m'avoir offert l'occasion de jouer le rôle de ma vie (passionnante).
Merci, merci de tout coeur.
Merci aussi à mon mister à moi, sans qui je n'en serai pas là, de m'avoir soutenue moralement, je le remercie pour ses bons petits plats préparés avec amuuuur qui me remontent à tous les coups, sa
patience, sa générosité, son humour, sa joie de vivre, son intelligence, sa douceur, sa présence chaque jour à mes côtés, sa finesse, sa culture, sa mâle attitude, sa superbe gestion de tout sans
moi, sa franchise et ses conseils non éclairés en matière de mode et de bijoux.
Bref sans toi, c'était pas possible, tu le sais mais je te le redis (au cas où tu passerais par là)
(il faut que je le caresse dans le sens du poil...un animal aussi précieux ça se chouchoute, je vous le dis !)
Voilà, voilà, sous vos applaudissements, je pense redéscendre les marches (sans tomber, on va essayer) et retourner à mes perles.
Trois ans.
Piouuf.
* petit clin d'oeil / private joke